mardi 11 décembre 2018

Définition.




Je n’ai de place en aucun lieu,
Ni campagne, ni métropole,
On ne m’attache à aucun pieu
Et je ne suis d’aucune école.

Je ne suis ni « Grand » ni « petit »,
Je ne révère aucune idole
Et je ne suis d’aucun parti
Comme d’aucune farandole.

Je ne suis ni noble, ni gueux,
Pas plus bourgeois que prolétaire
Et pas plus saint que sans aveu,
Spirituel ou terre à terre.

Oui, sans regrets je suis ainsi,
Depuis le début de ma route :
A la fois celui qui choisit
Et plus que tout, celui qui doute.

                               ***

dimanche 9 décembre 2018

La nuit est noire.


Les connaissez-vous bien ces soirs de lassitude
Où le trop de fatigue engendre le dégoût
Du monde et de vous-même, en bref, un peu de tout,
Ces soirs sans espérance et sans mansuétude ?

Ces soirs amers, poisseux d’ombre et de solitude,
Et ces « rappelle-toi » qui se moquent de vous,
Figures d’autrefois au sourire de loup,
Aux souvenirs cruels mais pleins d’exactitude ?

Les connaissez-vous bien ces heures sans pardon,
Aux mots désabusés, au désir d’abandon
Et qui, Dieu sait pourquoi, ayant passé, reviennent ?

Comme un vide, une absence auxquels on ne peut rien,
Une peine nouvelle ajoutée aux anciennes ?
Oui, vous en avez tous le savoir qui convient…

                               ***

vendredi 7 décembre 2018

A Villandry.





(Jardins du château de Villandry - Indre et Loire. Musique Johannes-Hermann SCHEIN (1586-1630), Gaillarde extrait du CD Danses de la Renaissance -Collection du Millénaire-Ulsamer Collegium, Collegium Terpsichore-Deutsche Grammophon.)

 

Laissons au présent nos déboires
Et vagabondons en esprit
Au doux soleil de la mémoire
Dans les jardins de Villandry.

Parmi les couleurs éclatantes
D’une mosaïque de fleurs
Que les fontaines concertantes
Nous bercent d’un rythme enjôleur.

Le buis cerne un cœur de tulipes
Rouges comme l’amour passion
Auquel le soleil participe
Non sans un peu d'indiscrétion.

Ombre qui dessous les ombrages
Vous glissez fugitivement,
Vous êtes bien plus que l’image
Dont rêvait le cœur d’un amant.

Faut-il des simples[1] à la treille[2]
Cueillir l’ellébore[3] des fous
Ou ce grain d’ivresse vermeille
Pour rêver ici mieux que vous ?

                               ***


[1] Les simples : il s’agit ici des plantes médicinales telles que la valériane, la mélisse, la sauge etc, cultivées autrefois à part dans un « jardin de simples ».
[2] La treille : nf, se dit d’une plante grimpante que l’on fait pousser sur un support ici la vigne. Voir : http://www.cnrtl.fr/definition/treille
[3] L’ellébore : nf, est une plante de la famille des renoncules qui passait pour fournir un remède à la folie. Voir : http://www.cnrtl.fr/definition/ell%C3%A9bore