jeudi 11 octobre 2018

Calembredaines marines.




Concours de la plus grosse pêche,
Chacun s’affaire et se dépêche.

A celui qui échoue échoit,
En trophée, un filet d’anchois
Qu’à son bonnet, sans qu’il se fâche
Quelqu’un accroche et puis se cache.

Cela, bien sûr, est assez sot
Mais il se peut qu’on fasse assaut,
Pour s’en amuser, de sottises
Et le poisson, je le précise,
Ici, pour qui l’a retenu,
N’est qu’un prétexte assez ténu.

                               ***

Le gravillon.




La plume est un faible levier
Pour infléchir le cours du monde ;
Trois mots sur un bout de papier,
Un gravillon dans une fronde
Ne le feront jamais plier.

Je demande qu’on me pardonne
Si sachant cela je poursuis,
Si malgré tout je « gravillonne »
Sans trop savoir où me conduit
Une chanson que je fredonne.

                               ***

mercredi 10 octobre 2018

Devoir.




C’est mon devoir, belle ombre de naguère,
De rappeler la beauté qui s’enfuit
Mot après mot dans mes rimes légères
A l’heure grise où le jour se réduit ;

L‘envoûtement vivace d’un sourire,
Ou d’un regard, le timbre d’une voix,
Ce que deux mains qui se touchent désirent,
Ce cœur soudain fébrile qu’on perçoit,

Et, trois fois rien, moins qu’une silhouette
Mais dont le pas vous rappelle en dansant
Un souvenir si fiévreux qu’il s’entête
A vous combler d’un bonheur caressant.

C’est mon devoir et c’est ma raison d’être
De rappeler, retrouver et chanter
L’amour en proie aux heures éphémères
Et la beauté qui doit leur résister.

                               ***