mercredi 18 avril 2018

Au vent.




Le vent comme une parole légère
Qui sous le soleil évoque et suggère
A tous, tout ce que recèle un printemps,
De promesses, d’espoirs, de mots tentants
Que la dentelle neuve des feuillages,
Émue, reprend en chœur à son passage
Pour le redire aux grappes du lilas,
Des prés lointains aux jardins que voilà,
Le vent galant au langage de soie
Que partout l’écho répète ou dévoie,
Le vent savant aux mots faits à façon
Dans un riche tissus d’amour et de frissons,
Le vent follet qui découvre et démasque,
Allant, venant, virevoltant fantasque,
Fait ici compliment -je vous l’écris-
A tous amants et poètes compris.

                               ***

lundi 16 avril 2018

L'opuscule crépusculaire.



(Tréboul vu de Douarnenez - Bretagne.)

Aux feux dorés du crépuscule,
Peut-être un pincement au cœur :
Comme la vie est minuscule…
C’est un beau jour qui meurt
Aux feux dorés du crépuscule.

Les souvenirs, c’est ridicule,
Sont parfois teintés de rancœur,
On les entend chanter en chœur
Quand revient l’heure où tout bascule
Aux feux dorés du crépuscule.

Un plus sage en ferait, moqueur,
Autre chose que l’opuscule
Que je compose en chroniqueur
Aux feux dorés du crépuscule,
Peut-être un pincement au cœur.

                               ***       
                

Le lecteur.




Il lit à haute voix des vers,
Surtout pour rompre la solitude.
C’est un bon moyen de défense
Les jours où l’on vit au revers
Gris des printemps bleus et verts.
Tout le monde n’a pas la chance
D’avoir à qui parler, je pense,
Et le temps passe avec Prévert.
Prévert, Villon, Nerval, qu’importe !
Lire des vers de toute sortes
Et croire qu’on peut exister…
Mais il sait bien qu’on l’abandonne ;
A qui peut-il le raconter ?
Il n’y a plus personne.

Dès lors que -il l’a découvert-
Le temps vous déclare anathème,
On peut se parler à soi-même :
Il lit à haute voix des vers.

                               ***