samedi 23 septembre 2017

Fête d'hiver.




La cloche sonne dans la nuit
Dessus la flèche cathédrale,
La ville dort, la lune est pâle
Et je n’entends plus aucun bruit.

Le vent souffle et porte l’écho
Sur la plaine où dansent les ombres,
Le ruisseau luit, le bois est sombre,
Je ne trouve pas le repos.

L’hiver semble si doux ce soir,
Je ne sais pas où va la route,
Le pré m’entend, le champ m’écoute,
Est-il autre chose à savoir ?

                               ***

mercredi 20 septembre 2017

Au bleu du crépuscule.





Le crépuscule est bleu, mélancolique et bleu,
Les arbres et les toits s’y fondent peu à peu,
Le crépuscule est bleu, tranquille et silencieux.

Lente la nuit descend obscurcissant le quai,
La rivière est d’argent et la ville se tait,
Lente la nuit descend et cette heure me plaît.

Sur la branche sans feuille où la lune scintille,
J’ai posé d’un regard ce rêve qui vacille,
Sur la branche sans feuille et sur l’onde qui brille.

Chaque fois que revient l’heure du crépuscule,
Le temps cesse de fuir et peut-être recule,
Chaque fois me revient cet espoir incrédule.

                               ***

Secrets.



(Plan d'eau de St.-Ferreol - Près de Revel, Haute-Garonne.)


A chaque nuit mille secrets
Que pas un autre ne devine,
Rêves heureux, chagrins qu’on tait ;
A chaque nuit mille secrets.

C’est l’heure où chacun se connaît,
Où chacun s’aime ou s’assassine ;
A chaque nuit mille secrets
Que pas un autre ne devine.

                               ***

vendredi 8 septembre 2017

Rondeau Pastel.





Au bleu pastel d’un ciel d’été
Septembre tisse des nuages
Que le couchant brode au passage
D’un fil d’or brûlant au côté.

La brume a déjà décrété
Que l’aube était son apanage,
Au bleu pastel d’un ciel d’été
Septembre tisse des nuages.

Le vent curieux vient enquêter
Sur les chemins du voisinage ;
Où s’en vont en pèlerinage  
Les ombres qu’on voit méditer ?
Au bleu pastel d’un ciel d’été
Septembre tisse des nuages.

                               ***

mardi 5 septembre 2017

Promenade en pays de Cocagne.



(Environs de Magrin - Tarn.)

Les collines rousses et vertes
Qui s’étagent au loin à perte
De vue, savent-elles encor
Chanter de leurs voix alternées
Cet ancien chant de fin’amor[1]
Dont la trame en leur sein est née ?

Doux chant et de mémoire insigne,
Chemins d’oliviers et de vignes
Les fredonnez-vous comme avant ?
« Amour de loin [2]» que rien n’épuise
Se peut-il qu’un jour dans le vent
Un si tendre écho s’amenuise ?

Ma Belle, aux autres non pareille,
Puisse un jour ta bouche vermeille
Tout bas redire avec émoi
En voyant que dans la campagne
L’été s’est enfui comme moi,
Ces vers du pays de Cocagne[3].

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[1] Fin’amor : l’amour courtois théorisé et chanté par les troubadours du XIIe et XIIIe siècle.
[2] Amour de loin : amour lointain, référence à l’amour que le troubadour Jaufré Rudel, XIIe siècle, conçut pour la lointaine princesse de Tripoli qu’il chercha  vainement à rejoindre.
[3] Le pays de Cocagne désigne la région, proche de Toulouse, où l’on cultivait autrefois le pastel, plante à l’origine d’une belle couleur bleu.

dimanche 3 septembre 2017

À la tombée de la nuit.



Ce sont les derniers moments de lumière,

La nuit… Oui, nous avons beaucoup marché

A travers bois, à travers prés fauchés,

Champs de sillons et chemins plein d’ornières.

 

Un grand soleil brasillait sur les pierres,

Ce soir le courage s’est relâché,

Ce sont les derniers moments de lumière,

La nuit… Oui, nous avons beaucoup marché.

 

Quel piètre lit qu’un talus de bruyère…

Peut-être pourrions- nous faire un marché :

Hébergez-nous, nous tenons, bien caché,

De quoi payer une nuit de chaumière ;

Ce sont les derniers moments de lumière,

La nuit… Oui, nous avons beaucoup marché.

 

  ***