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mardi 9 décembre 2025

La rivière.


 

Des images et des chansons,

Avec leurs noms des paysages,

Peines et plaisirs ton sur ton,

Tous les souvenirs au passage

De la rivière au flot courant

Entre les deux rives du Temps.

Et dites-moi dans cette vie

S’agissait-il de Margotton

Ou était-ce Margot la pie ?

Mais la rivière a dit : « passons ».

La rivière entre ses deux rives

A qui manque toujours un pont.

Reflets changeants sur une eau vive,

Mes souvenirs ont le temps long,

La rivière a passé la ville

En murmurant une chanson,

Une chanson au long des quais,

Une chanson aux cent couplets

Puis s’en est allée sans façon

En emportant avec ses stances

Mes souvenirs jusqu’à l’enfance.

 

mardi 11 novembre 2025

L'eau qui dort.


 

De ville en ville -il en est maintes-

La rivière est une eau restreinte

Qui court où je voudrais aller :

La rive où le vent est salé

Aux bords ébréchés de la terre

Où demain ressemble à naguère.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

Passe un bateau de promenade,

La rivière est sans incartades,

Sans facéties, sans horizon

Entre ses deux rangs de maisons,

Et tout ce qu’au loin elle emporte

Ce ne sont que des feuilles mortes.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

La rivière est une eau qui dort,

Calme et contente de son sort ;

De ciel et de reflets vêtue,

Les arches des ponts la salue

Et moi j’ajoute -où t’en vas-tu ?-

En rêvant mon rêve têtu.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

Une vie en ville amarrée,

Manque une voile à la marée..

Les trottoirs sont bien démunis

Des mots qui disent l’infini

Emprès[1] la rivière emportée

Vers l’estuaire et la jetée.

 

 C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.



[1] Emprès : archaïsme pour auprès de.

vendredi 17 août 2018

Le moulin de Cougnaguet .



Dans un vallon profond
Qu’entourent des falaises
L’Ouysse[1] se morfond
Ou serpente à son aise.

Au bout de son cours frais
Un vieux moulin se dresse
Où tremblent les reflets
Dans le flot qui se presse.

Ce moulin fortifié
En paix dessous l’ombrage
Est un vieil ouvrier
Toujours à son ouvrage.

Dans le même décor
Que les siècles patinent
La meule tourne encor
Pour moudre la farine.

La pierre accompagnant
L’Ouysse cristalline,
Fredonne le beau chant
Des saisons sans famine,

Et des greniers remplis,
Quand les hommes n’ont cure
Des mois en blanc surplis
Et de Dame Froidure.

Il redit les couplets
De ces jours d’abondance
Rare et puis nos regrets
Devant leur inconstance.

             ***


[1] Le moulin de Cougnaguet,  construit au XIVe siècle par des moines sur la petite rivière l’Ouysse, se situe dans le Lot, en Quercy.