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mardi 11 novembre 2025

L'eau qui dort.


 

De ville en ville -il en est maintes-

La rivière est une eau restreinte

Qui court où je voudrais aller :

La rive où le vent est salé

Aux bords ébréchés de la terre

Où demain ressemble à naguère.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

Passe un bateau de promenade,

La rivière est sans incartades,

Sans facéties, sans horizon

Entre ses deux rangs de maisons,

Et tout ce qu’au loin elle emporte

Ce ne sont que des feuilles mortes.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

La rivière est une eau qui dort,

Calme et contente de son sort ;

De ciel et de reflets vêtue,

Les arches des ponts la salue

Et moi j’ajoute -où t’en vas-tu ?-

En rêvant mon rêve têtu.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

Une vie en ville amarrée,

Manque une voile à la marée..

Les trottoirs sont bien démunis

Des mots qui disent l’infini

Emprès[1] la rivière emportée

Vers l’estuaire et la jetée.

 

 C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.



[1] Emprès : archaïsme pour auprès de.