vendredi 29 août 2025

Cet été.

L’été s’achève doucement

Au gré des nuages qui passent,

Les jours ne laissent pas de traces,

A peine a-t-on vécu l’instant

Que demain chasse maintenant.

 

Rougissez d’être aussi volages,

Mes heures et mes agréments

Qui l’êtes plus que des amants

Les goûts autant que les orages;

Ô, vous saisons, rougissez-en.

 

Qu’avez-vous fait de vos promesses,

Qu’avez-vous fait de vos moments ?

Comme pour ceux qui vont s’aimant,

Ce sont de bien courtes ivresses,

De bien éphémères présents.

 

Un peu d’encre sur une page,

Des mots à la couleur du temps

Éternellement de passage

Comme nos amours mal contents

Et comme toujours les nuages.

 


 

mercredi 27 août 2025

A La Rochelle.

 

Une première, ennuyeuse, effacée

Que prolonge une autre pensée ;

Trois tirets, point d’exclamation,

Et la mer jusqu’à l’horizon.

 

Les mots et maillons de la chaîne

Nés d’un regard, peut-être à peine

Sur la feuille qui les conçut

Écoutés ou même perçus…

 

Ces tours ont d’anciennes querelles,

A l’ardoise du ciel se mêle

Un reflet sombre d’océan,

Laissons-les dormir au néant,

 

Ce reposoir pour tout le zèle

Dont ces remparts sont sans nouvelles ;

Vagues sont les vagues et moi

A marée basse et sans émoi.


samedi 23 août 2025

Verbal.


 

Mon premier est un vers à soie,

Mon second un verre de vin ;

Lequel cause le plus de joie ?

Demandez-le à vos devins.

Mon troisième est un verre à pied

Qui ne sait pas aller très loin

Mais va sans se faire prier,

Au moins, jusqu’au bistrot du coin.

Mon quatrième, un vert galant,

Aime conter la bagatelle

Soir et matin aux coccinelles

Qui sont prestes quand il est lent,

Mon cinquième, un verrat[1] bien gras,

Altruiste adonné aux truies,

Quand sur l’étal on le verra

Plaira tout autant à autrui,

Et mon dernier est un verbiage

Que je nourris de tous mes maux,

Il en engraisse à chaque page,

C’est vous dire combien il vaut,

Et devinez ce qu’est mon tout,

Je ne suis pas bien sûr qu’on l’aime

Parce qu’il ne tient pas debout,

Mais en tout cas c’est ce poème.



[1] Verrat : n.m., porc mâle destiné à la reproduction.