Mon premier est un vers à soie,
Mon second un verre de vin ;
Lequel cause le plus de joie ?
Demandez-le à vos devins.
Mon troisième est un verre à pied
Qui ne sait pas aller très loin
Mais va sans se faire prier,
Au moins, jusqu’au bistrot du coin.
Mon quatrième, un vert galant,
Aime conter la bagatelle
Soir et matin aux coccinelles
Qui sont prestes quand il est lent,
Mon cinquième, un verrat[1] bien gras,
Altruiste adonné aux truies,
Quand sur l’étal on le verra
Plaira tout autant à autrui,
Et mon dernier est un verbiage
Que je nourris de tous mes maux,
Il en engraisse à chaque page,
C’est vous dire combien il vaut,
Et devinez ce qu’est mon tout,
Je ne suis pas bien sûr qu’on l’aime
Parce qu’il ne tient pas debout,
Mais en tout cas c’est ce poème.

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