mercredi 18 mars 2026

En promenade.

Qu’écrire sinon ce rondeau ?

Je regarde vers la rivière.

Le monde est une poudrière

Et je l’oublie au bord de l’eau.

 

Si j’étais humain comme il faut

Cela vaudrait une prière ;

Qu’écrire sinon ce rondeau ?

 

J’ai connu cet endroit très tôt,

D’un baiser, chose singulière

Car il dure une vie entière,

C’était hier, il faisait aussi beau,

Je regarde vers la rivière,

Qu’écrire sinon ce rondeau ?

 


 

samedi 14 mars 2026

Je sais.

 

Que sais-je d’alentour ? Je n’en sais rien.

Et du monde ? Pas plus et c’est très bien.

De mon amour ? Tout ce que j’en rumine

Et du vôtre qu’il a mauvaise mine.

 

Je sais aussi mil nuances d’argent

Autant pour l’or et ce fil exigeant

Avec lequel d’ordinaire l’on brode

L’enterrement ou la noce à la mode.

 

Je sais ce qu’il en faut pour l’illusion,

Et le mirage ou bien la déception ;

Je sais le poids des pleurs et des sourires

Qui viennent quelquefois les contredire.

 

Enfin je sais… Que sais-je encor ?

Le jeu sans fin du bon et mauvais sort,

Beaucoup des fleurs et surtout de la rose ;

D’alentour et du monde : aucune chose.

 


lundi 9 mars 2026

Arrêtez-vous un peu.

C’est vrai, le citharède aveugle empreint

Du sentiment de la nécessité

A repris son bâton de pèlerin ;

Il s’est remis en route pour chanter

Les chants des carrefours et des saisons.

Je ne sais pas s’il a tort ou raison.

 

Son chant emprunte au bruissement des chênes,

A la voix du ruisseau dans la clairière,

Aux champs de blé murmurant dans la plaine,

Un peu, je crois, à d’anciennes prières,

A l’amour d’autrefois toujours pérenne

Comme à la liberté que rien n’enchaîne.

 

Et si demain vous deviez le croiser,

Arrêtez-vous un peu pour mieux l’entendre ;

Les souvenirs sont un plaisir aisé,

Qui sait ce qu’on peut en attendre ?