Celui qui s’est fait pèlerin,
Il chemine bourdon en main,
Sa route va de croix en croix
Et la neige éprouve sa foi.
Et voici que Noël approche,
« Que fais-tu, vieillard, sur la route
A l’heure que chacun redoute ?
Tu marches les pieds dans la boue,
Une barbe de givre aux joues,
Vieillard, là-bas, vois-tu la ville ?
Hâte-toi d’y chercher asile,
Le gel s’en va brûler la nuit
Où sans abri l’on meurt sans bruit ! »
Lente, toujours du même pas,
L’ombre passe et n’écoute pas.
La faute était-elle si grave
Qu’il faille l’expier ainsi ?
Ou serait-ce l’orgueil qui brave
Le ciel comme la terre ici ?...