samedi 11 octobre 2025

La sortie.

Pour une fois, sorti de grand matin,

Où la brume et le froid disent l’automne

Et le vignoble aussi, rouge, or et brun,

Cela faisait longtemps, je m’en étonne.

A grands pas sur la route ou le chemin,

Mais à cette heure il ne passe personne.

Dites, pourquoi ? Je reste sur ma faim.

Une lubie, est-ce que je raisonne ?

Pour s’oublier au détour d’un chardon

Et ses piquants scintillants de rosée,

D’une feuille grenat en l’abandon

De cette vigne aux grappes délaissées.

Pour, comme d’habitude ou comme avant,

Tout admirer et croire qu’on existe

Parce qu’on est, presque au soleil levant,

En promenade et que l’on n’est plus triste.


 

mardi 7 octobre 2025

Deux triolets nocturnes.


 

Ces quelques vers à mon bureau

Devant une fenêtre obscure

Quelque part au bout d’un hameau,

Ces quelques vers à mon bureau.

 

Le silence comme un cadeau,

L’absence est de même nature ;

Ces quelques vers à mon bureau

Devant une fenêtre obscure.

 

                        ***

 

La nuit est d’un noir absolu,

On ne distingue pas la route,

La campagne n’existe plus,

La nuit est d’un noir absolu.

 

Peut-être qu’un rêve inconnu

L’arpente. Peut-être, sans doute…

La nuit est d’un noir absolu,

On ne distingue pas la route,

 

vendredi 3 octobre 2025

Ce qui délivre...

Le temps lasse les plus beaux songes

Mais

Le doute et l’angoisse et l’attente

Rongent

Ce qu’on veut, ce qu’on est,

Ce qui sourit et ce qui chante.

 

Quelques mots se murmurent,

La clé tourne dans la serrure,

Le téléphone sonne,

Une lettre arrive en personne,

A l’instant même

C’est le départ

De ces trois charognards :

Je t’aime !