Pour une fois, sorti de grand matin,
Où la brume et le froid disent l’automne
Et le vignoble aussi, rouge, or et brun,
Cela faisait longtemps, je m’en étonne.
A grands pas sur la route ou le chemin,
Mais à cette heure il ne passe personne.
Dites, pourquoi ? Je reste sur ma faim.
Une lubie, est-ce que je raisonne ?
Pour s’oublier au détour d’un chardon
Et ses piquants scintillants de rosée,
D’une feuille grenat en l’abandon
De cette vigne aux grappes délaissées.
Pour, comme d’habitude ou comme avant,
Tout admirer et croire qu’on existe
Parce qu’on est, presque au soleil levant,
En promenade et que l’on n’est plus triste.