mardi 3 mars 2020

Un air coquin.





L’hiver s’achève au bord du Rhin,
L’horizon qui baille et s’étire
Se frotte les yeux à deux mains :
L’hiver s’achève au bord du Rhin.

A voir refleurir les jardins
Et les vergers et l’aubépin[1],
Autant et plus qu’ils ne désirent,
Le cœur des nuages chavire.

Le soleil prend un air coquin
Mais c’est au vôtre que j’aspire ;
L’hiver s’achève au bord du Rhin,
Et l’horizon baille et s’étire.

                               ***       


[1] Aubépin : n.m., forme archaïque pour aubépine.


     

dimanche 1 mars 2020

En couleur.



(Cagnes sur Mer -Alpes Maritimes en 1995...)

Sur l’horizon des vagues bleues
Aux mille teintes de saphir
Les couleurs dansent à frémir,
L’ombre lointaine fait la queue
Sous un porche de marbre blanc.
Flambent les rochers de porphyre
Et les palais étincelants,
J’ai vu le faune et le satyre,
Au pied de l’olivier d’argent
La nymphe est pensive et muette
Et du cœur des figues violettes
Montent des parfums indolents.

                               ***        

samedi 29 février 2020

Rendez-vous.



(Île d'Ouessant - Bretagne.)

Je m’en vais au-devant de moi
Très loin, par-delà les années,
Maître à bord ayant fait ce choix
D’une étonnante traversée,
Je m’en vais au-devant de moi.

D’aujourd’hui comme d’autrefois
M’arrivent les mêmes pensées,
Je ne veux pas changer de loi
Mais vers ces rives délaissées
Je m’en vais au-devant de moi.

D’aucuns quand ils portent le poids
De trop de peines amassées
Sombrent ayant perdu la foi ;
Je n’ai cure de la journée,
Je m’en vais au-devant de moi.

Le cœur heureux comme il se doit,
Ma crainte à cette fin chassée,
Sachant au mieux ce qui m'échoit,
Toute autre chose abandonnée,
Je m’en vais au-devant de moi.

                               ***