lundi 9 septembre 2019

Le critique.



(Basilique romane de Paray le Monial - Saône et Loire.)

J’écris, j’écris toujours et qui m’en félicite ?
Une angoisse me prend : que vaut ce que j’écris ?
Mais comment le saurais-je ? Et si je ne sais : qui ?
Qui saurait m’éclairer sur mon propre mérite ?

Si ce don n’est qu’un songe il faut que je le quitte,
Que, sans plus de regrets pour le temps qu’il m’a pris,
Je change de chemin et trouve un autre abri
Mais je n’en suis pas sûr et ce doute m’irrite.

Alors j’écris encor, je noircis un feuillet,
Je rêve un jour de plus et compose un sonnet,
Pendant que je compose un juge m’interroge,

Un censeur lancinant qui se moque de moi,
Critique et sûr de lui, bien assis dans sa loge,
Il ne cesse de rire en me disant : « Pourquoi ? ».

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Mais où sont...



(Église d'Anzy le Duc - Saône et Loire.)

A mon bureau, regardant le ciel bleu, je songe
A ce coin de pays que j’ai si bien connu ;
Le cortège plaisant des images s’allonge
Sans que je sache trop comment il est venu.
Mais à quoi ressemble aujourd’hui ce bord de Loire
Où je me promenais, de Roanne à Villerest[1] ?
As-tu conservé, Marcigny, ta grande foire ?
Forme du souvenir, quel clocher m’apparaît,
Pierre ciselant d’or ses arcades romanes ?
Serait-ce Anzy-le-Duc, Semur en Brionnais,
Montceau-l’Étoile[2] ? Où sont passés les vieux platanes
Dont l’ombre immense au plus profond de moi renaît
Dans ce jardin public où j’allais m’amuser,
Trente ans plus tôt, accompagné de ma grand-mère ?
Tout mue et se transforme et doit un jour s’user;
Luxe coûteux, mémoire, es-tu si nécessaire ?

                               ***       


[1] Roanne et Villerest sont des villes du département de la Loire, Marcigny de celui de la Saône et Loire.
[2] Anzy le Duc, Semur en Brionnais, Montceau l’Etoile sont les églises romanes de petites communes du Brionnais, au sud de la Bourgogne.

jeudi 5 septembre 2019

Les chemins heureux.



(Le Pouldu - Finistère - Bretagne.)

Vieilles forêts, rives marines,
Je connais des chemins heureux
Qu’aucune carte ne dessine
Mais chemins plats ou chemins creux,
Le temps qui passe me chagrine,
Vieilles forêts, rives marines.

L’avenir que nul ne devine
De bon espoir donne bien peu ;
Antienne, berceuse ou comptine
Qui courez les sentiers ombreux
Et vous, couplets que je termine,
Tâchez d’être plus généreux
Et que vos chemins soient heureux,
Vieilles forêts, rives marines.

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