lundi 5 novembre 2018

Divagations.




Une bien grise après-midi,
C’était quelque part en Novembre,,
Et je contemplais, attendri,
Sur les derniers rosiers fleuris
Plus de beauté que n’en remembre
Les amours mortes en Décembre
Qui peuplent encor mon esprit.

J’allais sous un ciel aussi gris
Que le gris terne des murailles,
C’est à l’un que l’autre l’a pris
-N’écoutez pas, n’écoutez pas, je raille-.

Les bancs me sont hospitaliers
Même au cœur triste des automnes,
Ceux que pour vous j’ai oubliés.
Combien d’autels ai-je prié
Pour les gloires qui m’abandonnent,
Combien je vous plains, Perséphone[1],
Qui ne vouliez point vous marier…

J’allais sous un ciel aussi gris
Que le gris terne des murailles,
C’est à l’un que l’autre l’a pris
-N’écoutez pas, n’écoutez pas, je raille-.


                               ***       


[1] Perséphone : mythologie grecque, fille de Déméter, déesse des moissons, enlevée par Hadès, dieu des enfers qui en fait sa femme. Sa mère obtiendra de Zeus qu’elle puisse revenir sur terre six mois par an pendant la belle saison (printemps et été) tandis qu’elle séjournera en enfer auprès de son époux les six mois de l’automne et de l’hiver.

samedi 3 novembre 2018

Au spectacle.




Le soleil court de colline en colline,
Venant, fuyant, et l’ombre le poursuit
De bois en bois et sur les prés chemine
Dans l’insouciance où le vent la conduit.

Sous la lumière, un avant-goût d’Automne
Car les champs désertés ont tant jauni,
Et les jours de chaleur où l’on moissonne
Dans le plein de l’été sont bien finis.

Le soleil court, dessinant au passage
Courbes, reliefs aux détails fugitifs,
Changeant au gré du plus proche nuage
En un spectacle inconstant et furtif.

                               ***

Un peu de tendresse - Humour noir.




I.

Vous en serez chacun d’accord,
Ce n’est pas de moi que je parle
En ces couplets faits sans efforts,
Vous en serez chacun d’accord.

Mais de qui donc parlé-je alors,
De Jean, d’Olivier ou de Charles ?
Vous en serez chacun d’accord,
Ce n’est pas de moi que je parle.

II.

« Je voudrais un peu de tendresse. »
Qui n’a jamais pensé cela
Un soir en se sentant bien las
Parmi les soucis qui l’oppressent ?

Pour un qui fuit cent autres naissent,
On s’en croyait, non sans éclat,
Débarrassé ? Les revoilà ;
Les soucis n’ont jamais de cesse ;

Non plus d’ailleurs que les envies :
Ce qui s’arrête c’est la vie
Et la tendresse est un trésor…

Rares sont ceux qui le possèdent,
Plus rares ceux qui vous en cèdent,
Exception faite de la Mort.

                                                                                             ***