lundi 25 septembre 2017

L'hésitant.



(St. Félix-de-Lauragais - Haute-Garonne.)

Je me trouve hésitant
Sur le pas de ma porte
Craignant ce que j’attends,
Je me trouve hésitant.

Ah, comment aller de l’avant ?
Des objections de toutes sortes
Me viennent soudain aggravant
Des craintes de plus en plus fortes ;
Ah, comment aller de l’avant ?

Il faut que le grand vent
Souffle et soudain m’emporte
Comme tout hésitant
Sur le pas de sa porte.

                               ***        

dimanche 24 septembre 2017

Un moment.





Un moment d’insouciance et de tranquillité,
Faisant le même bruit que le vent qui soupire,
Visite mon salon sans même se hâter
Et me jette un regard et m’adresse un sourire.

Ces choses là bien sûr n’arrivent que la nuit,
Dans le silence entier des façades qui dorment,
Quand la lune croissante au plus haut du ciel luit
Dessus les rues bordées de platanes et d’ormes.

Mais l’instant vit timide et, n’osant demeurer,
Cède à son successeur trop volontiers la place,
Ainsi nous faut-il rire ou nous faut-il pleurer,
Au hasard de l’instant, au gré du temps qui passe.

                               ***

Le "bon vieux temps".





Le « bon vieux temps » me fait sourire,
J’ai volontiers l’esprit rêveur,
C’est un défaut – j’en sais de pires –
Le « bon vieux temps » me fait sourire.

Mais quel est donc ce « bon vieux temps » ?
Est-ce le temps de nos fredaines
Ou de nos sottises d’antan ?
Ma foi, la chose est incertaine !

Incertaine la chose et puis l’instant
Mais peut-être un peu moins la peine
Mais peut-être un peu moins le temps,
Il faut un jour quitter la scène.

Certains voudraient,  tant ils l’admirent,
Y retourner. Sotte candeur !
Le « bon vieux temps » me fait sourire,
J’ai volontiers l’esprit rêveur.

                               ***



samedi 23 septembre 2017

N'oublie pas.





N’oublie pas la Parque[1] et sa loi,
Le temps, le destin et l’errance,
La douceur prépare le froid ;
N’oublie pas la Parque et sa loi.

La faim et l’hiver sans un toit
Et l’accident et l’imprudence
Ont planté d’innombrables croix ;
Ai-je dit les flammes qui dansent ?
N’oublie pas la Parque et sa loi.

Ici la peste d’un seul doigt
A fauché cent mille existences,
La guerre, là, en une fois,
Cent fois autant avec aisance ;
N’oublie pas la Parque et sa loi.

Le chemin se perd dans le bois,
Un espoir et mille souffrances ;
N’oublie pas la Parque et sa loi,
Le temps, le destin et l’errance.

                               ***


[1] Parque : trois divinités grecques, Clotho, Lachésis, Atropos, divinités du destin représentées commes des fileuses qui respectivement apprête, déroule et coupe le fil de la vie humaine.