dimanche 9 avril 2017

Toast.





Aux beaux jours d’autrefois, aux meilleurs jours d’alors,
Aux souvenirs d’antan, aux caprices du sort,
Aux rêves trop usés, à tant et tant d’années,
Aux miroirs éculés d’illusions en allées,
A l’enthousiasme niais des fausses libertés,
Au fallacieux confort de la sécurité,
A l’attente, à l’envie, à combien de sottises,
Ce huitain sans reproche où sourire est de mise.

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samedi 8 avril 2017

Fin d'Après-midi.





La fin d’après-midi décline doucement
Le soleil sur les toits, l’ombre au pied des façades…
Il est bon de venir goûter ingénument
A l’immobilité de ces heures en rade
Au fond d’un port lointain dont on n’a plus souci.
Peut-être un chant d’oiseau, quelques phrases lointaines…
Vous, sous le ciel serein, vous êtes bien assis,
La ville tout autour, on la perçoit à peine,
Et vous vous exercez à ne penser à rien.
Posez où vous voulez cet ouvrage inutile
Dont vous imaginiez retirer quelque bien,
Il n’offre que des mots, la vie est plus subtile ;
La feuille se déploie et la graine a germé,
Le soleil s’adoucit et les ombres s’allongent,
Que cherchez-vous de plus, enfants, pour vous charmer,
N’avez-vous pas la paix que désirent vos songes ?

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Promesse.





A la glycine et au lilas
Et au dernier des magnolias
Où tout le printemps se déploie
Par les branches fleuries qui ploient,
A la tulipe et à l’iris
Et à la promesse du lys
Et puis à nos amours, la Belle,
Les anciennes et les nouvelles,
J’ai gravé nos noms sur un tronc,
Demain nous nous marierons.

A la fontaine et à la rose
Et à ce baiser que je n’ose,
Au mois d’Avril, au mois de Mai,
Au beau printemps comme jamais,
A la première pâquerette
Au muguet ou à la violette,
A l’herbe folle et au mouron,
Belle, nous nous marierons.

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Tout et son Contraire.





Moi, je suis l’ajonc dans le vent,
Ou peut-être bien le contraire,
Le timide et le téméraire,
L’aube qui meurt en se levant,
Et l’équinoxe et le solstice,
Le voisin comme l’horizon,
Le nécessaire et l’adventice
Et l’immuable et la saison,
La loi, l’habitude et la mode,
Le devoir et l’obligation,
La fantaisie et le code,
Le lieu commun et l’invention,
Le difficile et le commode,
Le poème et sa négation.

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jeudi 6 avril 2017

Un Chant d'Evocation.




Il regarda droit devant lui,
Au bout de l’horizon était une montagne ;
Où la lune a brillé, l’étoile luit.
Ce fut un chant comme le vent qui gagne
En s’enflant peu à peu et que l’ombre conduit,
Un chant de sapins noirs et de hautes fougères
La nuit venue au bord d’une clairière,
Le chant de tous les châtaigniers
Et des chênes si vieux qu’ils sont presque oubliés,
Un chant où bruissaient les feuillages
De tous les bois au cours des âges
Et des arbres à l’unisson
Du coudrier jusqu’à l’ormeau,
Comme du hêtre et du bouleau.


Et puis il regarda un champ et sa moisson
Et ce fut un chant de vergers,
Un chant de vignes, de maisons,
Chant de jardins, de potagers,
Un chant de fleurs et de prairies,
Un chant d’aulnes, de haies fleuries.


Puis il regarda la rivière
Et ce fut un chant de ruisseaux,
De fleuves roulant sans défaut
Dix mille printemps de lumière,
D’étangs aux reflets de sagesse,
De sources murmurant sans cesse,
De fontaines autant qu’il faut

Et celui qui chantait sourit
Comme celui qui vous l’écrit.

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