lundi 2 novembre 2020

Bruges l'ancienne.

 

 


 

Bruges mais un peu « de mémoire »,

Aux souvenirs mal consignés,

L’été d’un voyage oublié

Dont le ciel gris manquait de gloire.

 

L’eau des canaux s’écoule noire,

De grands arbres tranquillement

Dominent un mur peint en blanc

Et quelques pignons sans histoire.

 

Cet été sombre me rappelle

Qu’à Bruges, Notre-Dame attend

Une prière faite antan

Au pied de sa piéta si belle…

 

Pardon si parfois je mélange

Les souvenirs, les sentiments,

L’ordre des jours et des moments

Ou si hier et jadis s’échangent.

 

J’écris autant qu’il m’en souvienne

D’un été de pavés luisants,

D’un hôtel sombre et apaisant

Si peu qu’aujourd’hui j’en retienne,

 

De pignons de briques sans âge,

D’une tristesse sans passé

Que je parvenais à lasser

En visitant le béguinage.

 

                               ***       

Toussaint.

 

 


 

C’est un jour pluvieux de Toussaint

Où, dans une époque indécise,

On s’interroge sur demain ;

La mélancolie est de mise :

C’est un jour pluvieux de Toussaint.

 

C’est un peu plus, c’est un peu moins,

Une fête et ce goût de cendres,

Que feraient-ils ceux qui sont loin ?

Mais pour répondre il faut entendre ;

C’est un jour pluvieux de Toussaint.

 

Si vous pleurez prenez grand soin

Qu’alentour il n’y ait personne,

On en rirait à tout le moins ;

Que le ciel est gris en automne,

C’est un jour pluvieux de Toussaint

 

Si vous allez aux quatre coins

De ce pays qui s’abandonne

Tachez de m’éclaircir ce point :

Je n’entends pas de glas qui sonne ;

C’est un jour pluvieux de Toussaint.

 

C’est un jour pluvieux de Toussaint

Où fleurissent les chrysanthèmes,

C’est un peu plus, c’est un peu moins,

C’est encore un autre et le même,

Quelques souvenirs dans un coin,

Une pierre sur ceux que j’aime :

Au pays des regards éteints

C’est un jour pluvieux de Toussaint.

 

                               ***

lundi 28 septembre 2020

Les habits du vent.

 

 


 

De ses bottes à son chapeau

En passant par son grand manteau,

Le vent vêtu d’un gris de pluie

Court après la saison enfuie

Pour la prier de lui laisser

Un rayon de soleil glacé

Pour son épingle cravate.

Il court en vain, je le constate,

Quoique on l’entende tempêter

Il lui faudra se contenter

D’un reflet d’ardoise mouillée

Sur une écharpe dépouillée

Et presque austère de brouillard,

D’ombres et de matins blafards.

 

                               ***