vendredi 14 février 2020

Revêche.




Cette nuit s’allonge revêche
Auprès des livres négligés,
Peine et fatigue sont de mèche ;
Cette nuit s’allonge revêche.

Ce sont de vieilles rimes sèches,
Ce sont de vieux couplets âgés
Aux accents d’inutiles prêches,

De pauvres strophes se dépêchent,
Pleines de vieux mots usagés ;
Cette nuit s’allonge revêche
Auprès des livres négligés.

                               ***     
  

Monsieur le Chien.




Monsieur le Chien, vous qui me regardez
Avec ces yeux si profondément tristes
Que prennent les cockers, ces grands artistes,
En s’approchant de vous pour quémander
Une caresse au moins, je vous rappelle
Que depuis ce matin pas un instant
Vous n’en avez manqué vraiment, auxquelles
S’ajoute celle-ci. Soyez content !

                               ***

jeudi 13 février 2020

Au Sud.



(Monteriggionni - Toscane - Italie.)

C’est ici seulement que je trouve ma place
Et les heures du jour qui marquent mon repos
Savent mieux que mon rêve et bien mieux que mes mots
Distiller ce bonheur dont j’ai perdu la trace.

C’est encor l’olivier pour ce long face à face
Où la déesse[1] parle au cœur de ses dévots,
Et parsemé de fleurs, l’arbre[2] cher aux héros,
C’est la rose d’Alep que le couchant enlace.

C’est aux lointains bleutés l’étonnement marin
Et le chevauchement des collines sans fin
Où le jour déclinant en ses ombres poudroie,

C’est la lumière d’or qui n’a jamais cessé,
Couronne d’une gloire où scintille la joie
Sur le cours hésitant de ces jours trop pressés.

                               ***       


[1] La déesse Athéna ou Minerve dont l’olivier est l’emblème.
[2] Le laurier dont on fait les couronnes.