lundi 5 août 2019

Ironie du soir.




Pourquoi ce petit mot joyeux ?
Je m’en vais rêver d’autres lieux,
De délices inespérées,
Au long très long d’une soirée
Qui ne m’annonçait pas pourtant,
Au fil ténu de ses instants,
Mieux qu’un cours banal, sans surprise,
De ceux qu’aucun charme ne grise.

Mais, n’est-ce pas,  quand vient le soir
On peut songer au lieu de voir
Et pour si peu se mettre en transes :
C’est le secret de l’espérance.

                               ***

Les conseils - Suite.




Prends ce qui vient autour de toi,
Tâche d’en faire quelque chose !
Peut-on envier, au bord des toits,
Tous les pigeons qui s’y reposent,
Croyant, vaniteux et simplets,
Tout au moins les jours sans nuages,
Qu’ils sont parvenus au sommet ?
J’en sais beaucoup dans les parages
Qui m’étonnent tous les matins
En paradant gonflés de plumes
Et de roucoulements hautains
Qui les dépeignent et résument.
Fichtre ! On doit arriver à mieux
Quand bien même on n’est pas un aigle !
Soit : qu’on laisse aux anges les cieux,
Faire du néant une règle
C’est se montrer trop paresseux !
Même les plus sinistres vues,
Les horizons les plus crasseux,
Ont un peu d’élégance crue.
Regarde vraiment tout autour
De toi, tu vois que pour écrire
On a plus souvent qu’à son tour,
Au choix, de quoi pleurer ou rire !

                               ***       

Et nos deux mains...



(Strasbourg - Les Ponts Couverts - Décembre 2015.)

Vous étiez à côté de moi
A l’heure où le soleil décline,
Si lent à caresser les toits,
Et nos deux mains étaient voisines.

L’eau miroitait avec douceur
Sous les murs de la citadelle,
Vous m’avez regardé sans peur,
Je vous ai trouvé plus que belle.

Ce ne fut qu’un moment très court
Émaillé de très beaux sourires,
Un moment rare en un beau jour,
Et quelques mots pour vous l’écrire.

                               ***