jeudi 12 juillet 2018

Vexation.




J’ai tout le temps des mots et tous les mots du temps
Mais je n’ai pas d’idées,
Pas une seule, et voilà ma plume bridée
Et moi pas très content.

J’ai des livres de tout, à ce tout je me livre
Qu’est-ce que j’en retiens ?
Mais rien, ou presque rien d’où je tire ce rien
Qu’ici je vous délivre.

J’ai les moyens de plus, mais plus j’ai les moyens
Et moins je réalise :
J’hésite, tourne en rond, piétine, et, sans surprise,
N’en retire aucun bien.

Suis-je vent épris ? Non, je prends les devants ;
Avant qu’on ne me pose
Cette question, je vous livre le fond des choses
J’en manque et c’est vexant.

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mercredi 11 juillet 2018

Poésie du crépuscule - Pastiche de Madame A. de N.




Heures du crépuscule outrepassé
Disparaissant comme des souris grises
Au coin pensif des meubles où, lassé,
Un ultime reflet du jour s’irise,

Au théâtre du Temps toujours pressé,
Entracte où la douleur n’est plus de mise,
Heures de nos souvenirs amassés,
Riches de rêve et d’ombres indécises,

Quels sont ces mots, alors que tout se tait,
Qu’un jour murmure en s’effaçant en paix ?

                               ***

mardi 10 juillet 2018

Pendre le large.




Le vent qui souffle ce matin
A le parfum des grands voyages
Dont le terme n’est pas atteint
A l’horizon d’un paysage.

Il a ce goût de liberté
Qui vous met le cœur en liesse,
Comme un appel à tout quitter,
A s’enfuir à toute vitesse;

Ce brigand parle à mots couverts
Des jeux soudains de la lumière
Dans l’or des bois où il se perd,
Au bord des lacs et des rivières,

Il dit la plaine à l’infini
Et la dentelle des montagnes,
Le chaume des toits endormis,
La croix d’un clocher de campagne,

Il dit mille soirs descendant
Dans l’ombre au fond d’une vallée
Et le ressac en l’océan
De tant d’aurores en allées.

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