dimanche 10 juin 2018

Mirabeau au Fort de Joux.




Ses dettes, ses amours l’amenèrent à Joux,
Elle était jeune et belle au bras d’un vieil époux,
Ce fut avec des mots qu’il en fit la conquête,
Car chacun le sait bien, le tribun Mirabeau,
Pour séduisant qu’il fut, ne passait pas pour beau.
Le souvenir me plaît et je le garde en tête
Pour me réconforter lorsque je suis inquiet
Ou que quelque miroir me donne du regret.

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Le crépuscule indécis.




Bleu-gris le crépuscule hésite
Entre orage et sérénité ;
Dans ces ombres qu’on voit monter
N’est-ce que le jour qui nous quitte ?

L’ombre attire le souvenir
Et comme ces deux-là bavardent !
Un reste de douceur s’attarde
Aux jours qu’on ne peut retenir.

C’est une heure un peu nostalgique…
Le ciel ne se décide pas :
Furieux ici ? calme là-bas ?
Que nos amours sont pathétiques

Qui ressemblent tant à ce soir
Indécis et crépusculaire,
A qui j’offre, protocolaires,
Ces vers en guise de miroir.

                               ***        

Encouragement.




Nerval mourut pendu et Verlaine malade,
Villon fut condamné, on mit aux fers Marot,
Viau fit de la prison… Qui craint trop les brimades
Doit oublier la rime et le métier des mots.

Mallarmé mourut jeune ainsi que Baudelaire
Et quant à Rutebeuf, il vécut malheureux,
Qui voudra, le sachant aux strophes se complaire
On saura qu’il est fou mais un fou courageux.

                               ***