jeudi 24 mai 2018

En route - L'errant.




L’or des peupliers qui s’estompe
A chaque matin de grand vent
Dit assez l’automne et ses pompes
Ainsi que la fuite du temps.

J’ai le cœur sans doute frivole
Et l’âme d’un inconséquent
Car mes certitudes s’envolent
Accompagnées de mes serments.

Plaise au ciel, s’il m’écoute,
Que mes mots deviennent un chant
Comme ceux que l’on chante en route
A l’heure du soleil couchant.

                        ***       

Dans le pré.




Poème au bord d’une prairie
Où le soleil va se coucher,
Rimes écrites comme on prie,
Mot à mot, sans se dépêcher
Afin que chacune recueille
Quelque chose de cet instant
Et le retienne quand s’effeuille
L’ombre même des jours d’antan.

                               ***        

mercredi 23 mai 2018

L'oracle.




Voyageur, toi qui m’interroge,
Voici ce que l’oracle a dit
Autrefois aux prêtres en toge
Et qu’à leur tour ils m’ont transmis.

« Aujourd’hui, naguère et demain
Peuvent bruire de cent nouvelles,
Mai s’amuse des hirondelles,
Fleurit l’iris et croît le lin.

De l’horizon à l’horizon
Les routes fuient et s’entrecroisent,
Passe le vent, pousse l’armoise,
Tout est folie ou déraison.

Ô Sage, que la dent-de-lion[1]
Qui pousse à tes pieds t’humilie :
Elle demeure et tout s’oublie
Même les ruines de Sion.

La mousse pare le rocher,
L’automne dore la fougère;
La parole est une étrangère
A qui le meilleur est caché. »

                               ***       


[1] Dent-de-lion : autre nom du pissenlit.