samedi 13 mai 2017

Midi, Minuit.





Minuit chante l’aurore,
Midi rêve du soir,
Déjà poursuit encore ;
Minuit poursuit l’aurore.

Les jours s’entredévorent
En cherchant à se voir ;
Minuit chante l’aurore,
Midi rêve du soir.

                               ***        

Instants Infimes.



(Strasbourg - Bâtiments de l'ENA, ex prison pour femmes, ex-commanderie St-Jean en l'île verte.)

Infimes instants de la pénombre obscure,
Calmes, silencieux et que la nuit épure,
Temps rare et précieux dont les fragments murmurent
Un chant de bonheur aux accents de raison,
Comme un hymne clair, tranquille et profond,
Infimes instants, voici votre maison.

Voici pour vous louer l’hôte accueillant
Et le foyer loin du monde bruyant,
L’humilité loin des discours brillants ;
Heure plaisante aux rimes pérégrines,
Voici le lieu de paix loin des doctrines
Et l’huis bien clos où nul ne tambourine.

                               ***

vendredi 12 mai 2017

Prés et Bois.





Près et bois disent le Printemps,
Les lointains bleus parlent de paix,
Un instant le souci se tait
Et le vent, lui, flâne content.

L’eau joyeuse ruisselle,
La pierre doucement murmure
Et voici des feuilles nouvelles,
A jours nouveaux, neuve parure.

Le soleil qui court,  vagabond,
Dessus la mousse et la bruyère,
Dessus l’ortie et le chardon,
Sourit aux crêtes familières.

Il y a des nuages blancs,
Partout où ce grand ciel s’azure,
Qui vont replets et nonchalants
Dans leur printemps de sinécure.

Et puis il y a deux marcheurs
Qu’il vaut mieux dans ce paysage
Qualifier plutôt de flâneurs
Tant les deux traînent au passage.

                               ***

Pluie d'Automne.





Il pleut au loin sur la forêt,
Et le jardin au hêtre rouge,
Sur la pelouse sans apprêt,
Sur le chemin où rien ne bouge,
Sur le sommet de la montagne
Bleu-gris sur le ciel déjà gris,
Il pleut sur toute la campagne,
Il pleut encore et sans répit.
Il pleut comme il pleut en automne,
Par goût peut-être ou par raison
On dit que cette pluie est bonne
Qui prépare une autre saison,
Et moi, j’écris à la fenêtre
Où glissent les gouttes de pluie
En craignant chacune peut-être
Que soudain je ne les essuie.

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