Chacun garde son camp
D’une paix vigilante
Jusqu’à je ne sais quand ;
Chacun garde son camp.
Le cœur est
foudroyant
Si la raison
est lente ;
Chacun garde son camp
D’une paix vigilante
Et puis
avril arrive,
Et puis
vient le printemps,
L’eau qui s’en
va plus vive,
Le murmure
du vent,
La paix n’est
plus de mise,
Ni l’attente
aux amants
Et l’appétit
s’aiguise
Et l’espoir
est charmant.
Chacun
laisse en son camp
Sa crainte
et son attente ;
Si la raison
est lente
Le cœur est
foudroyant
Et l’amour[1]
est violente.