vendredi 17 janvier 2020

C'est une fable...




Je sais quelque chat angora
De charmante fourrure,
Preste, assuré, de grande allure
Qui se rêvait en lion et l’on verra,
Si l’on m’écoute,
Ce qu’il en arriva.
Le début de la route
Ne lui coûta
Guère : il était beau parleur.
Linottes et moineaux
Lui virent, j’en ai peur,
La crinière qu’il faut
Pour prétendre au courage,
A la force, au lignage.
Parmi la gent souris ou le peuple des rats,
Qui le voyait bien chat,
Il se dit qu’à tout prendre
Il valait mieux -quelle illusion !-
Mettre au pouvoir un chat qu’un lion.
Ce que dirent les bœufs,
Ce que firent les ânes
Vaut autant ou si peu ;
L’aveuglement des sots les juge et les condamne.
Du chat on fit un roi,
Linottes et moineaux, souris et rats,
Tous, il les dévora,
Il asservit les bœufs,
Il ennoblit les ânes
Et il régna si vieux
Que de nos jours encor je crois qu’il se pavane.

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