Je sais
quelque chat angora
De charmante
fourrure,
Preste,
assuré, de grande allure
Qui se
rêvait en lion et l’on verra,
Si l’on
m’écoute,
Ce qu’il en
arriva.
Le début de
la route
Ne lui coûta
Guère :
il était beau parleur.
Linottes et
moineaux
Lui virent,
j’en ai peur,
La crinière
qu’il faut
Pour
prétendre au courage,
A la force,
au lignage.
Parmi la
gent souris ou le peuple des rats,
Qui le
voyait bien chat,
Il se dit
qu’à tout prendre
Il valait
mieux -quelle illusion !-
Mettre au
pouvoir un chat qu’un lion.
Ce que
dirent les bœufs,
Ce que
firent les ânes
Vaut autant
ou si peu ;
L’aveuglement
des sots les juge et les condamne.
Du chat on
fit un roi,
Linottes et
moineaux, souris et rats,
Tous, il les
dévora,
Il asservit
les bœufs,
Il ennoblit
les ânes
Et il régna
si vieux
Que de nos
jours encor je crois qu’il se pavane.

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