Le sapin, l’hiver, où je suis,
Aussi quand mon vol y conduit ;
Le sapin, l’hiver, où je suis.
De l’horizon, où je ne puis,
Le printemps reviendra peut-être ;
Le sapin, l’hiver, où je suis,
Le chêne, l’ormeau ou le hêtre.
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Le sapin, l’hiver, où je suis,
Aussi quand mon vol y conduit ;
Le sapin, l’hiver, où je suis.
De l’horizon, où je ne puis,
Le printemps reviendra peut-être ;
Le sapin, l’hiver, où je suis,
Le chêne, l’ormeau ou le hêtre.
Complainte des brasseurs de mots,
Des fileurs et tisseurs de phrases
Qu’un misérable siècle écrase
De tant de chagrins et de maux.
La clientèle se fait rare,
Hélas, et le goût fait défaut ;
Il n’y a plus de vrais dévots,
Les plus belles feuilles s’égarent.
Il faut remiser les buvards
Au rayon des enluminures,
Plus d’amoureux de la lecture,
Il ne reste que des bavards.
Tous les ciseleurs de volumes
Se regardent un peu hagards
Et rêvent qu’il n’est pas trop tard
Pour vendre plutôt des enclumes.
Avec leurs noms des paysages,
Peines et plaisirs ton sur ton,
Tous les souvenirs au passage
De la rivière au flot courant
Entre les deux rives du Temps.
Et dites-moi dans cette vie
S’agissait-il de Margotton
Ou était-ce Margot la pie ?
Mais la rivière a dit : « passons ».
La rivière entre ses deux rives
A qui manque toujours un pont.
Reflets changeants sur une eau vive,
Mes souvenirs ont le temps long,
La rivière a passé la ville
En murmurant une chanson,
Une chanson au long des quais,
Une chanson aux cent couplets
Puis s’en est allée sans façon
En emportant avec ses stances
Mes souvenirs jusqu’à l’enfance.