Le sapin, l’hiver, où je suis,
Aussi quand mon vol y conduit ;
Le sapin, l’hiver, où je suis.
De l’horizon, où je ne puis,
Le printemps reviendra peut-être ;
Le sapin, l’hiver, où je suis,
Le chêne, l’ormeau ou le hêtre.
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Le sapin, l’hiver, où je suis,
Aussi quand mon vol y conduit ;
Le sapin, l’hiver, où je suis.
De l’horizon, où je ne puis,
Le printemps reviendra peut-être ;
Le sapin, l’hiver, où je suis,
Le chêne, l’ormeau ou le hêtre.
Là-bas, tout au bout de la rue,
Permanence, immobile et trompeuse de l’arbre
A l’aune du passant, sûrement pas du marbre
Dont l’acanthe[1] n’est pas émue
Par la saison nouvelle ou le souffle du vent.
Mais l’arbre dit le bois
Comme la cloche dit le soir,
Comme l’écho d’un psaume annonce le couvent ;
Le bois parle du monde
De ce qui pousse et croît au-delà du village,
De ce qui , laissé libre, efface le bornage
Avec ce qui le fonde.
Un arbre sur l’asphalte, un arbre inaperçu,
Rêvant un rêve verdoyant,
Un jour viendra -l’arbre est patient-
Son rêve de forêt ne sera pas déçu.
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