jeudi 30 octobre 2025

Votre main.


La paix en la ville déserte,

Un bel automne au bord de l’eau

Où la rive demeure verte

Ni plus ni moins qu’il ne le faut.

 

Que de mains tendues aux doigts d’or

Et pas une qui me retienne 

Mais la vôtre manque à la mienne,

Me manque toujours et encore.

 

Le long des quais un promeneur,

Un promeneur qui s’imagine

Que l’amour revient et demeure

Quand on l’écrit ou le dessine.

 

Les feuilles mortes au pavé,

Sur les secrets d’amours anciennes

-Qui voudrais-tu qui s’en souvienne ?-

Sont autant de mains refermées.

 

La ville s’est bâtie d’absence

Sur un fond d’octobre au jardin ;

Je m’en vais seul et en silence,

Vous ne me donnez plus la main.

 


 

mercredi 29 octobre 2025

Moment de lucidité.


Un moment de conscience au milieu du néant,

C’est une chose étrange en fait que notre vie,

De la résignation à l’éternelle envie,

Pour une œuvre de nains, un espoir de géant.

 

Savoir ce que l’on peut quand ce qui vous limite

Vous rappelle sans cesse à plus d’humilité

Et que le temps restant borne vos libertés

Irrémédiablement, quelques soient vos mérites…

 

mardi 28 octobre 2025

Déploration en forme de ballade.


J’écris pour me plaindre du temps

Ce texte aux rimes mécontentes :

La Fortune est souvent méchante,

On la poursuit en haletant,

Elle s’en moque et méprisante,

Elle vous sème en un instant ;

Vous sentez demain inquiétant

Et dans la nuit qui se présente,

La lune monte indifférente.

 

Peut-être qu’un lit vous attend,

Perspective satisfaisante

Jusqu’au moment où se présente

La solitude qui s'éprend

Du rôle d’épouse apaisante,

La toujours prête à tout instant,

La vierge à l’amour impotent,

Une compagne déplaisante ;

La lune monte indifférente.

 

La paix à laquelle on prétend,

Recherchée et jamais présente

Et cette aide toujours absente

Dans un besoin qui croît d’autant,

Les heures toujours consentantes

A vos ennuis -il en est tant-

Le souvenir se repentant,

Rien d’autre où dans ces nuits d’attente

La lune monte indifférente.

 

Passant des routes existantes,

Ayant lu ces vers attristants,

Tu pourrais, les commentant,

Plaindre celui qui se lamente ;

La lune monte indifférente.

 

 

Admonestation Eolienne.


Le vent secouant le feuillage

Presse les feuilles de tomber,

Ainsi s’envolent les plus sages

Mais, refusant de succomber,

Certaines que la vie enrage

Ne se laissent pas perturber.

« Il faut savoir tourner la page »

Leur dit le vent. « A regimber

Ainsi vous me faites outrage

Pour rien. Comment vous dérober ?

Toute saison est de passage. »