vendredi 26 septembre 2025

Les papillons.


Cent pas plus cent en font deux cents

Et deux cents pas du tourne-en-rond

Entre les deux fenêtres grises,

La mauvaise saison est de mise ;

Où sont passés les papillons ?

 

Ce qu’il pensait a pris la teinte

Des semelles de ses souliers,

Les toits qui l’ont pris en pitié

Ont des tuiles en demi-teinte ;

Et bien sûr aucun papillon.

 

La sirène aux lèvres de sainte

Donne son cœur en apparence

Et des baisers au goût d’absinthe,

Au court été de sa présence.

Pourquoi parler de papillons ?

 

Amour d’antan, ciel en haillons,

Les jours ont un goût de poussière

Et les mots n’ont plus de bâillon ;

S’il pouvait, il en serait fier :

Il n’y a plus de papillons.

 

mercredi 24 septembre 2025

La pergola.


 

Sous la pergola plus personne,

Une rose fleurie étonne,

Elles sont rares maintenant

Que le soleil va tâtonnant

Parmi les brumes matinales.

Hier le banc était une escale

Dans l’ombre des après-midis

Mais il fait frais et tout est dit.

Depuis qu’on a passé septembre

Le jardin n’est plus l’antichambre

Claire qu’on préfère au salon

Quand les crépuscules sont longs.

L’écho d’un mot serait un baume,

Ombre, silhouette, fantôme

Dont l’image déjà se perd,

Au silence des lieux déserts.

 

vendredi 19 septembre 2025

Un homme important.


Le Baron de l’Entre-Deux-Chaises,

Quoique incertain et mal à l’aise,

Est un personnage important

Et un homme prudent d’autant

Qu’il sait que tout homme est faiblesse,

Que l’erreur attend qui se presse,

Qu’il faut peser exactement

Le pour, le contre, le vraiment

En n’oubliant pas le peut-être ;

Il y est d’ailleurs passé maître,

Il a compris que dire non

A la même valeur, au fond,

Que de prononcer son contraire,

Un oui, qu’il ne faut pas déplaire,

Et qu’en tout le juste milieu,

Comme chacun dit, c’est le mieux.

C’est ainsi que, lorsqu’il conseille,

Monsieur le Baron fait merveille

Et qu’il est en très peu de temps

Devenu cet homme important.