mardi 14 avril 2020

La Lettre.




On range un tas de vieux papiers
Que l’on conserve, on doit l’admettre,
Pour des motifs bien oubliés.
On y découvre cette lettre…

Une page d’une écriture
Brève qu’on ne reconnaît plus
Et ce prénom pour signature
Qui vous a tellement ému…

Alors on recherche un visage
-Pourquoi reste-t-il imprécis ?-
Une voix ? non, rien qu’une image,
Bref éclat d’un roman terni.

Son titre même vous échappe
Mais ce bout de papier vous est
Ce qu’à la vigne est une grappe
Et vous savez tout ce qu’il tait.

                               ***

dimanche 12 avril 2020

Conflit interne.



(Château de Chambord - Loir et Cher.)

I.
Te voilà triste ce soir
En train de chercher des rimes
Dans le puéril espoir,
Qui dans ces cas t’anime,
De dissiper ton souci
En griffonnant quelques strophes.
Tu peux reconnaître ici,
En honnête philosophe
Que cela ne donne rien.
Un bon conseil : abandonne
Et cherche un autre moyen,
L’évidence te claironne
Qu’à poursuivre en ce moment,
C’est certain, tu perds ton temps !

II.
Mon bien cher second moi-même,
On ne perd que ce qu’on a
Et le temps, par théorème,
Justement je n’en ai pas.

J’adore quand je griffonne
Que tu viennes m’ennuyer,
Si je hais qu’on me sermonne
Au moins ça me fait oublier !

Avec toi quand je poétise,
Je te l’annonce tout sec :
Je n’ai plus d’autre hantise
Que de te clouer le bec !

                               ***

Raisons différentes, même résultat...



(Venise - Italie.)

Aux jours d’antan que j’étais libre,
Je pouvais vaguer à mon gré
Des bords du Rhin à ceux du Tibre
Et j’y trouvais mon équilibre
En tenant un budget serré
Quoique un défaut de numéraire
M’ait contraint plus qu’assez souvent
A ne fêter ni bouger guère.
Ces jours c’est le même tourment
Que je plains d’une plume amère,
Le même et plus, un petit peu,
Car me voici devenu vieux…

                               ***