vendredi 10 janvier 2020

Je vous écris.




C’est le plus profond de la nuit
Où la trame du temps est vide,
Où rien ne bouge, où rien ne bruit,
Où nul n’attend, où rien ne luit
Que la lampe unique et placide
Sous laquelle je vous écris
Et vous décris mille pensées
Grises qui me peuplent l’esprit.
Demain qu’en aurez-vous appris ?
Rien. Je les aurai effacées
Comme s’enfuient, comme s’envolent
A la diligence du vent
Ce qu’on lui jette de paroles
Et cette ombre qui se désole
D’avoir laisser passer le temps,
L’espoir, le rêve et le moment.

                        ***

jeudi 9 janvier 2020

Vilain temps.




Cette époque est « bout de ficelles »,
« Miettes », « débris », « rogatons »,
En un seul mot pas vraiment belle ;
Cette époque est « bouts de ficelles ».

Elle est au fond de l’écuelle
Très « épluchures », très « crouton » ;
Cette époque est « bout de ficelles »,
« Miettes », « débris », « rogatons ».

                               ***       

Pluie de Mai.




La rue déserte qui s’ennuie
Regarde s’écouler la pluie
Tissant le triste canevas
De ce mois de Mai qui s’en va.

Matins et soirs passent humides,
De quais trempés en places vides,
L’asphalte luit, les toits aussi :
Pas de soleil ce printemps-ci.

Pas plus de lumière en ma chambre
Qu’au milieu du mois de novembre,
Sans lumière pas de chaleur
Et mes fenêtres sont en pleurs.

Sur mes balcons il pleut sans trêve,
Et sur mes jours et dans mes rêves ;
Il pleut sur mes résolutions,
Mes espérances, mes passions.

                        ***