mardi 6 novembre 2018

Emotions passagères.




Je me souviens des quais de gare
Où l’impatience des retours
Et de vos désirs vous égarent
En de beaux rêves d’un seul jour…

Et je me souviens des messages
Qu’on échange toujours pressé,
Si ce n’est de loin, au passage,
Et sans pouvoir en dire assez…

Et je me souviens, joie amère,
Combien plus forte est l’émotion
Quand la rencontre est éphémère ;
Ce n’est point là contradiction…

Je me souviens… Quelle importance
Puisque ces jours-là sont passés ?
C’est que l’amour s’écrit constance
Et que je n’en suis pas lassé.

Dessus le chemin de partance
Où d’autres jours nous ont chassés,
Combien je voudrais, harassé,
Qu’à nouveau les mêmes s’avancent.

                               ***

Les Cahiers d'Autrefois - Un texte d'autrefois.




Amour, mon bel Amour, n’irons-nous pas ensemble
Retrouver le soleil et l’ombre de l’été
Et le bord des ruisseaux où le feuillage tremble
Dans la brise d’un jour mille fois raconté ?

Où marchions tous deux quand la rose trémière
Comme les nymphéas, sentant le soir venir,
Semblaient sous nos regards s’ouvrir dans la lumière
Et dire notre émoi pour mieux le retenir ?

Amour, mon bel Amour, comme les beaux jours passent,
La neige est arrivée et le froid de l’hiver,
Nous sommes séparés, voici que l’an s’efface,
Nos ruisseaux ont gelé, nos chemins sont déserts.

Si le regard pouvait embrasser le printemps
Par-delà le ciel gris où rien ne se devine,
Nous nous retrouverions de lilas en glycines
A sourire à nouveau sur les chemins d’antan.

Mais comment donc savoir si la triste saison
Quand on ne se voit plus n’est pas celle qui dure ?
Je nous plains comme ceux que leur silence mure
Dans la peine sans fin de jours sans horizon.

Amour, mon bel Amour, comme les mots sont fades
De n’être que des mots que la plume murmure
Pour bercer un chagrin sans guérir la blessure
Qui nous rend maintenant les jardins si maussades.

                                               ***

lundi 5 novembre 2018

L'étoile et le grillon.




Dans la nuit ce grillon
Qui dit et redit sa chanson
Parmi les hautes herbes,
A-t-il bien prononcé ton nom ?
Je n’ai pas bien saisi le verbe
Mais c’est toujours la même phrase,
Obstinément,
Avec une voix de crécelle.
Tiens donc, vois-tu ?
La première étoile étincelle
Et je suis bien sûr qu’elle
Te regarde et sans doute inspecte
En se levant à l’horizon
La terre où nos plus beaux mots font
Pour elle aussi bien que l’insecte
Que l’on nomme grillon.

                               ***