mercredi 11 mars 2020

Devise.




« Je maintiendrai » dit certaine devise[1]
Mais la mienne, humblement, c’est « je poursuis »,
Ce n’est pas mal, soit dit sans vantardise ;
« Je maintiendrai » dit certaine devise.

Qu’il n’y ait pas, s’il vous plaît, de méprise !
L’une m’arrête et l’autre me conduit.
« Je maintiendrai » dit certaine devise
Mais la mienne, humblement, c’est « je poursuis ».


[1] « Je maintiendrai » est la devise de Guillaume d’Orange dit « Le Taciturne » (1533-1584), il dirigea la révolte des Provinces-Unies protestantes, futur « Pays-Bas » contre Phillipe II d’Espagne.

lundi 9 mars 2020

Le jaloux du crépuscule.




C’est l’heure où les nuages roses
Virent très lentement au gris
Dans le ciel de nacre où s’écrit
La fin du jour, où toutes choses
S’éloignent si paisiblement.
Sur les carreaux d’une fenêtre
Un ultime scintillement,
Adieu, sans vouloir le paraître,
D’un jour rempli de souvenirs
Si tranquillement minuscules…
Calme bonheur des crépuscules
Que l’ombre arrive à retenir
Aux quatre coins de cette pièce
Où, le livre sur les genoux,
Souriant, le cœur en liesse,
Vous goûtez l’instant en jaloux.
Plus de soucis, plus de querelles,
Plus d’incertitudes nouvelles,
D’agitations ou de discours :
Rien que ce calme au bout du jour.

                               ***
       

dimanche 8 mars 2020

Au carrefour.




Deux voyageurs, vous et moi,
Au carrefour d’un seul choix
En hésitant s’interrogent
Et pendant ce temps l’horloge
Marque l’histoire et le temps
Ainsi que chacun l’entend.
Où peuvent mener ces routes ?
Le sauraient-ils que, sans doute,
Ils n’hésiteraient pas tant.
Et le soir en cahotant
Chemine dans la campagne,
L’ombre froide l’accompagne,
Vous et moi -les voyageurs-,
Restent tristes et songeurs
A chercher quelque assurance
Au carrefour d’ignorance
Des lendemains angoissants
Dans ce monde vieillissant.

                               ***