jeudi 5 décembre 2019

Sarcastique.




Pas de regrets, pas de remords,
Un sourire un peu sarcastique
A chaque nouveau coup du sort ;
Pas de regrets, pas de remords.

Nous allons tous au même port,
Autant demeurer flegmatique ;
Pas de regrets, pas de remords,
Un sourire un peu sarcastique.

                        ***

Pâleurs hivernales.




Certains matins de l’automne ont
Des pâleurs presque maladives,
Blancheurs où de noirs cernes font
Des dentelles d’arêtes vives,
De fins clochers en toits pentus.
Les hauts murs tracent des ruelles
D’ombre aux ruisseaux d’argent têtus,
Tortueuses et rituelles.
Tels sont aussi nos jours urbains
Et froids dans l’hiver qui s’annonce
En nuances de parchemin
A jamais vierge de réponse,
Ocre douceur de l’incertain
Confondant ses nuances bises,
En décembre tout juste atteint,
Avec ses vagues ombres grises.

                               ***       

La lointaine.




Lointain sont mes voyages
Et maintenant voici,
Reflets plutôt qu’images
Hautes-eaux de l’oubli,
Ces mots qui recomposent
Et recréent le récit,
Entre mémoire et glose,
En tableaux imprécis.
Ponts et palais de marbre,
Le quai des Esclavons,
Saint-Georges, quelques arbres,
« Il padre rosso[1] » vont
S’assembler comme ils  peuvent ;
En feuilles de papier
Les émotions sont veuves
De leur réalité.

                               ***


[1]«  Il Padre » ou « il Prete rosso » : Antonio VIVALDI (1678-1741) : était prêtre et roux d’où ce surnom de «  Père ou de Prêtre Roux »