lundi 21 octobre 2019

A l'envers.




Lorsqu’à la fin tomba
Le soir dessus la plaine
Les roses délicats
Fuirent l’ombre prochaine

Et la nuit noire vint
Toute lumière éteinte ;
Chaque jour lutte en vain
Contre une telle étreinte…

Les formes, les objets
Lentement disparurent,
A l’Ouest un reflet
Cernait la voûte obscure.

Quand, rejetant ses voiles,
La lune se leva
Suivie de mille étoiles,
Quel souci m’éveilla ?

                               ***

De trous en ornières.



(La Loire à Meung-sur-Loire.)

Il pleut sur les chemins, il pleut sur le printemps
Et mille flaques d’eau se rident sous le vent,
De sillons en sillons et de trous en ornières
Sous l’argent ou le bleu d’une étrange lumière.

La violette a fané, les arbres sont en fleurs,
Du froid à la douceur et de la joie aux pleurs
S’il naît un nouveau jour, quoique l’espoir conquière,
Il pourrit de vieux troncs dans l’eau de la rivière.

                               ***

Un jardin fleuri...




Le calme de l’instant dans un jardin fleuri,
Je l’ai tant désiré et si souvent décrit,
J’ai fait en l’espérant une si longue route,
Le terme en est atteint, voici que je le goûte.

Il est doux de rêver, le jour décline et meurt
Et je suis assis là, dans le parfum des fleurs,
A regarder le ciel et n’ayant d’autre ouvrage
Que de laisser le temps poursuivre son passage.

Délivré des échos et des tristes rumeurs
Qui parcourent le monde et qu’on entend ailleurs
Je vis d’éloignement, de douceur, de silence
Et la paix que j’y trouve est un espoir immense.

Je l’ai tant désiré et si souvent décrit
Ce calme de l’instant dans un jardin fleuri…

                               ***