jeudi 6 décembre 2018

En panne.




Nul grand sujet ne me vient à l’esprit,
Allez vagabonder folles pensées !
J’oublie ce soir tout ce que j’ai appris ;
Nul grand sujet ne me vient à l’esprit.

Je n’en trouve pas non plus de petit,
Ma rime en serez-vous très courroucée ?
Nul grand sujet ne me vient à l’esprit,
Allez vagabonder folles pensées !

                               ***

lundi 3 décembre 2018

Le coucher.




Minuit s’avance à reculons
Pour ne pas voir la proche aurore,
Venez ici, mon édredon !
Minuit s’avance à reculons.

A dormir serais-je trop long ?
A cette heure j’écris encore ;
Minuit s’avance à reculons
Pour ne pas voir la proche aurore.

Mon oreiller, venez, allons !
Alors que la nuit va se clore,
Bouder, vous avez de l’aplomb !
C’est un retard que je déplore ;
Minuit s’avance à reculons.

Pendards, assez de métaphores,
Je rêve d’un sommeil de plomb :
Minuit s’avance à reculons
Pour ne pas voir la proche aurore.

                               ***

dimanche 2 décembre 2018

Rappel.




Je me souviens qu’il était autrefois
Sur la colline un petit bois,
Quand le printemps revenait sur la terre
Il jaunissait de primevères.
Nous allions y cueillir de gros bouquets
Mais c’était hier et, tu le sais,
Les prés ont disparu de la colline,
Les fleurs aussi, tu le devines.
Si je te parle aujourd’hui de cela
C’est afin que tu n’oublies pas
Que rien, jamais, ne persiste et demeure,
Même les lieux un beau jour meurent…

Sachant ainsi que tout finit trop tôt,
Profitons-en : memor esto[1] !

                               ***


[1] Memo resto : citation latine, « qu’il t’en souvienne », « souviens-t ’en »