jeudi 4 octobre 2018

Requiescat in pace (repose en paix).




Comme il semble peser lourd
Au cœur de qui se résigne
Le dernier instant du jour
Et le point qui clôt la ligne…

Et ce qu’on lit d’abandon
Sur des traits qui se défont,
Et quelque soit le courage,
Quand le temps se fait mirage.

Que dire avant de partir ?
Plus rien. La lutte est finie,
Les désillusions, la vie…
Il faut bien y consentir.

Le jour où mes doigts glacés
Ne noirciront plus ces feuilles,
Vous qui me verrez passer,
Priez pour que Dieu m’accueille…

                               ***        

Contre les miroirs.




Je ne contemple aucun miroir
Tant leur image est déformante,
C’est qu’au fond de leur eau dormante
Les jours enfuis se laissent voir.

Pourquoi devrais-je en leur reflet
Avoir une aveugle confiance ?
Qu’ai-je à faire de la conscience
De l’apparence de mes traits ?

Dans leurs bons jours ils sont flatteurs,
Dans leurs mauvais, ils sont prophètes
De malheur. L’homme qui s’y reflète
Je le tiens pour diffamateur !

                               ***        

mercredi 3 octobre 2018

La différence.




Allons, qu’est-ce qu’un soir d’automne
Peut bien avoir de différent ?
Une mélancolie au demeurant
Variable et que l’ombre assaisonne
D’un vague parfum de regret ?
La mort prochaine d’une rose ?
Aux platanes, entre autres choses,
Plus de couleurs qu’il ne faudrait ?

Les derniers feux de l’aubépine
Dont les fruits en chaque buisson
Forment des perles capucine
Et puis des gouttes vermillon ?
L’ambre ciselé des écorces
Que dans les sous-bois le couchant,
Usant de ses dernières forces,
Brosse encore en s’y attachant ?

J’observe autant que je raisonne,
J’ai beau faire, pour être franc,
Je ne sais ce qu’un soir d’automne
Peut bien avoir de différent…

                               ***