samedi 11 août 2018

Un réveil difficile.




Je m'endors plein d'ardeur et me lève autrement
Dans cette solitude où règne l'impuissance,
Où le faux et le vrai sont de la même essence,
Où mille jours enfuis pèsent également.

Oui, j'ai rêvé de vous comme rêve un amant
Et j'ai brûlé du feu d'anciennes réjouissances,
Mille moments perdus, mille anciennes absences
Ne peuvent altérer semblable sentiment.

Savez-vous ce que vaut, quand le temps vous oppresse,
Un mot de réconfort, un moment de tendresse ?
Savez-vous ce que c'est que d'attendre un regard ?

Oui, j'ai rêvé de vous, une nuit de jeunesse,
Exaspérante et douce et folle à tous égards
Que ce matin dément sans aucune finesse.

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vendredi 10 août 2018

Un brin de folie.




Lorsque je me parle à moi-même,
Nous sommes quelquefois d’accord,
C’est moins une question de thème
Que de volontés ou d’efforts.

C’est un peu plus qu’un exercice
De simple convivialité :
Les liens qu’avec soi-même on tisse
Sont d’une grande qualité.

On se sent bien moins solitaire
Devant l’âge et le quotidien ;
Laissez les gens que tout atterre
Pousser des cris pour trois fois rien.

Qu’ils vous traitent de schizophrène, 
Nous en parlions il y a peu
Moi-même et moi: c’est chose vaine
Rien de cela ne nous émeut.

                               ***

jeudi 9 août 2018

Un parc en Italie.




La fontaine, en mots cristallins,
Compose à la nuit un poème
Qu’un souffle de fraîcheur essaime
Dans l’air saturé de parfums.

Au fond des bosquets les statues
De marbre ont des reflets d’argent
Qui dessinent leurs formes nues
En un rêve décourageant.

Les pins et les rayons de lune
Dressent en portique les fûts
De leurs colonnes opportunes
D’albâtre ou d’ébène moussu,

Et douce la fontaine égrène
En ses couplets de gouttes d’eau
Le souvenir des amours vaines
Qui s’écoulent avec le flot.

                               ***