vendredi 8 décembre 2017

Notes et mots.





La nef est d’ombre, obscure aux bas-côtés,
D’ombre et de chant, de lente psalmodie,
De prière et de paix en harmonie
Sans le souci des siècles incomptés.

Le ciel où le fût des colonnes monte
Se nimbe d’or, voici venir la nuit,
Ce sont les chants que le silence suit,
Psaumes sans fin où l’âme se raconte.

Notes et mots s’unissent dans le chœur,
De répons en répons[1], au fond des stalles[2]
De bois sculpté, lente, la nuit s’installe
Que l’on perçoit paisible dans les cœurs.

Sous les voutains[3] s’éteignent les grisailles[4],
Il fait nuit noire et le chant va finir
Mais le silence avant qu’on ne s’en aille
Un bref instant encor va nous unir.

                               ***       


[1] Répons : subst. masc., dans le chant liturgique le moment ou le chœur répond au  chant de l’officiant ou du soliste.
[2] Stalle : subst. fém., rangées de sièges qui se font face le long du chœur et où la communauté des desservants d’une église prend place pour chanter l’office.
[3] Voutain : subst. masc., portion de la voûte délimitée par ses arrêtes ou par les ogives.
[4] Grisaille : subst. fém., vitrail composé de verre blanc ou gris (ou de nuances de couleurs tirant vers le gris).

jeudi 7 décembre 2017

Tel est l'Hiver.





Gris, noir, ocre et terre de Sienne,
Jaune soufre ou filasse et bleu
Si pâle au ciel, ce sont les tiennes
Ces couleurs, Hiver, et c’est peu.

J’oubliais, quand le soleil brille,
Celle du cornouiller sanguin,
Rouge-vieux sang de la famille
Des impunis quoique assassins.

Et dessus les chemins, la boue,
L’étang gelé au vent glacial
Qui vient vous écorcher la joue,
Même en marchant d’un pas martial,

Emmitouflé dans plus de laine
Que jamais n’en porta mouton .
Tel est l’Hiver : fume l’haleine
Qui vient geler sur le menton…

Et les reflets de la rivière,
Courent toujours indifférents,
Entre les éclats de lumière
Sous les saules désespérants.

                               ***        

mercredi 6 décembre 2017

Chanson magique.





Comme une graine au vent d’azur
Qui bat sans cesse la campagne,
Qui saute par-dessus les murs,
Qui passe au-delà des montagnes,
Comme une graine au vent d’azur,

Une chanson qui s’éparpille
Aux quatre coins de tous les jours
Et dont tous les échos grappillent
Quelques notes inventées pour,
Une chanson qui s’éparpille.

Toute la gamme et le refrain
Et la cadence et le sourire
Afin qu’ils parcourent sans frein
Les jardins comme les empires,
Toute la gamme et le refrain,

De ciel en ciel, de porte en porte,
Une nouvelle aux pieds dansants
Pour éveiller les amours mortes,
Les endormis et les passants,
De ciel en ciel, de porte en porte.

                ***
(Extrait de Murmures et Chansons.)