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samedi 15 septembre 2018

Transition.





J’ai trouvé les vers de ce jour
Au fond d’un parc dont les feuillages
Me disaient que l’Automne accourt
Et que l’Eté tourne la page.

Douceur du temps où irez-vous
Porter la lumière de l’aube ?
Je crains que les brouillards ne daubent[1]
Déjà vos charmes en jaloux.

Au ciel bleu la cime des arbres
Offre des joyaux merveilleux
Aussi brillants, aussi précieux
Que le porphyre ou que le marbre

Mais le jour a plus de lenteur
Et l’on comprend qu’il se résigne
Et le feu des midis se meurt
Aux pignons que rougit la vigne.

Dans la profusion des couleurs
Se glisse la mélancolie
De ce qu’on quitte à contre-cœur :
La quintessence de la vie,
De la nonchalance à l’ardeur.


                               ***       


[1] Dauber : v. transitif, se moquer de.


   

jeudi 12 avril 2018

Au passage.



(La Petite France - Strasbourg.)

Beaucoup de ceux que j’aimais bien
S’en sont allés je ne sais où ;
Mes jours s’en vont, l’âge s’en vient ;
Où sont tous ceux que j’aimais bien ?

Être, penser, vivre… après tout,
On comprend que ce n’est pas rien ;
Qu’y faire ensuite ? Rien du tout ;
Il faut prendre ce qui nous vient
Et puis aller je ne sais où.

On en a fait mille poèmes,
On en a fait mille chansons,
Un peu pour rien mais tout de même…
Allons ! puisqu’il le faut, passons
Comme ont passé autour de nous
Ceux qui nous semblaient gens de bien,
Ceux qui nous semblaient des voyous,
Beaucoup de ceux qu’on aimait bien,
Pour s’en aller je ne sais où.

                               ***