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jeudi 14 août 2025

Cet été, la Loire.

 

Blancheur de l’été souverain

Au cours sablonneux de la Loire

Où tant de châteaux font mémoire

D’une loi d’or, d’ambre et d’airain.

L’eau de ce fleuve qui scintille

Remonte quelquefois le temps,

Ma plume d’encre en fait autant.

C’est en manière d’apostille

A la rose du Vendômois

Comme à certaine cheminée.

La Loire, à la mer destinée,

Va paresseuse et sans émoi ;

Avant que l’on arrive à Nantes

Il est Angers et Tours et Blois

Et Orléans de bon aloi,

Des noms dont la mémoire chante,

Me plaît, me séduit et m’enchante ;

Je ne vous dirai pas pourquoi.

Ma plume est comme l’eau si lente

Où les nuages alentis

En arabesques indolentes

Tiennent un semblable parti.

Pourtant les reflets paresseux

Se parent parfois d’étincelles

Et ces vers sont écrits pour celle

Dont semblablement font les yeux.

La Loire est ma longue patience,

Un amour que rien ne déçoit,

Ce serait de l’inconvenance

Que d’ajouter quoi que ce soit.


jeudi 19 juillet 2018

Disparition inquiétante.




Où donc avez-vous disparu,
Toits de Liré[1], bois de Gastines[2],
Vous que de si beaux vers destinent
A rester à jamais connus ?

Aux poètes, ou non du cru,
Passage obligé ou routine,
Où donc avez-vous disparu ?

Je cherche un pays inconnu
Qu’aucune carte ne décline
Dont mes pages sont orphelines,
Leur quintessence et l’absolu ;
Où donc avez-vous disparu ?

                               ***


[1] Liré : ancienne commune de l’Anjou où vécut Joachim du Bellay (1522-1560) qui la rendit célèbre par son poème « Heureux qui comme Ulysse », sonnet XXXI des Regrets où elle se trouve citée.
[2] Gastines : il s’agit de la forêt de Gastines à laquelle, pour protester contre sa coupe, Pierre de Ronsard (1524-1585) consacra l’élégie XXIV.