Je trace un long sillon.
Je trace un lent sillon
Dans un champ difficile.
Photos, poésie, Strasbourg. Livre d'images et de mots.
C’est un chemin dans la montagne
Où déjà le soleil se couche,
Où l’ombre de l’automne gagne
Des bois de bonne et vieille souche.
Un pas devant l’autre, on descend,
On descend parce qu’il le faut,
Cela vient du cœur et du sang
Et c’est toujours, toujours trop tôt.
Que ces lourdes forêts sont belles,
Elles n’ont pas vraiment changé,
Sombres et presque sensuelles,
Qui virent monter l’étranger.
Celui que l’on voit redescendre,
C’est un habitant du pays,
Toute bûche au feu devient cendre ;
Le jour a presque défailli.
***
Je reprendrai l’alexandrin de ma jeunesse
Pour me moquer de vous, ma Peine et ma Tristesse ;
Que l’époque soit folle et ce monde très laid,
J’en conviens mais qu’importe au grand âge que j’ai.
La bêtise en ce monde est-elle une étrangère ?
Elle y règne souvent mais elle est passagère,
Tyrannique bien sûr, sanglante quelquefois,
Victorieuse jamais et vous manquez de foi
De vous désespérer comme je vous vois faire,
Ma peine et ma Tristesse, en si banale affaire.
***