mercredi 6 mai 2026

Potiche.

 


J’appartiens à ce genre de potiches

Dont certains salons provinciaux s’entichent.

Entre deux petits fours une maîtresse

De maison aime à lancer à l’adresse

De ses invités une phrase comme :

« Voyez-vous là-bas, dans son coin, cet homme ?

Et bien c’est un poète et, croyez-moi,

Bizarre et farfelu, comme autrefois,

Imaginez un peu : cet homme rime !

 

Sans les efforts de l’acteur qui se grime

Et doit savoir cent tirades par cœur

J’ai le même succès et la clameur

Me le confirme en touchant au vacarme :

Je suis une attraction pleine de charme

Dont la valeur surtout ne cède rien

A celle d’un tesson mérovingien.

 

Il est bon de s’instruire quand on mange

Et que l’on boit et l’hôtesse est aux anges…

 

 

samedi 2 mai 2026

L'amour en Mai.

 


Le soleil brille sur les toits,

On se parle en bas dans la rue,

J’entends ou je somnole, au choix

Et je porte la paix aux nues.

Passe un tram, il ferraille un peu,

Les enfants ont des voix pointues,

Que se disent les amoureux ?

Mai s’écoule à perte de vue,

Ne me demandez pas pourquoi

Soudain la ville est plus légère.

Je vous répondrai, si je dois,

Que je manque un peu de repères.

L’amour en Mai, le Renouveau ?

Ce sont des choses que j’ai sues.

Au carrefour comme ils sont beaux

Les marronniers de l’avenue.

 

mercredi 29 avril 2026

Promenade.

 


Promenade d’un pas tranquille ;

Le long de l’université,

L’herbe envahit la ville

Comme un printemps des bas-côtés.

Les jardins de l’Observatoire

Ont un petit genre « sous-bois »,

Des ombellifères notoires

Y fleurissent, c’est à bon droit,

Un peu de la culture en friche ;

Je trouve que c’est amusant.

Le Printemps ferait-il des niches

Aux gens très sérieux ? C’est plaisant !

A quand le chevreuil ou la biche ?

Je sais qu’Avril peut faire mieux,

J’attends qu’il me réponde « chiche »

Tandis que je flâne en ces lieux.

Et pourquoi pas une rencontre ?

-Perette plutôt qu’Athéna

Là, c’est un peu jouer la montre

Quand on n’a plus que ce qu’on a.

Une rencontre pour quoi faire ?

Pour y deviser à mon gré,

Assis sur un banc centenaire,

D’Avril et d’amour dans le pré.

Il n’est question que d’herbes folles,

Que d’un silence et d’un soupir

Qui prolongent une parole…

J’entends le Printemps applaudir

Et je retrouve l’avenue,

Les passants et la circulation ;

Comme elle est lointaine et ténue

Soudain la voix des illusions.