mardi 16 décembre 2025

Ce vieux monde.


 

Je parle en un temps incertain

De ce dont je me remémore.

Ce sont des brasiers mal éteints

Aux aventures qu’on déplore,

C’est l’acier appelant l’acier,

La terre rêvant de l’orage.

Ce sont tous ces jours sacrifiés

Sur l’autel des dieux de passage,

Ce sont tous ces noms effacés

A l’ombre des bois de justice

Mais dont il n’est jamais assez.

Ce sont ces amants au supplice

D’avoir été pour n’être plus

Et ces enfants de l’innocence

Toujours et bien trop tôt perdus,

L’oubli sans doute et l’ignorance

Et c’est ce vieux monde perclus.

 


samedi 13 décembre 2025

L'hiver à vol d'oiseau.

 

 

Le sapin, l’hiver, où je suis,

Le chêne l’ormeau ou le hêtre

Aussi quand mon vol y conduit ;

Le sapin, l’hiver, où je suis.

 

De l’horizon, où je ne puis,

Le printemps reviendra peut-être ;

Le sapin, l’hiver, où je suis,

Le chêne, l’ormeau ou le hêtre.

 

 

Complainte.


 

Complainte des brasseurs de mots,

Des fileurs et tisseurs de phrases

Qu’un misérable siècle écrase

De tant de chagrins et de maux.

 

La clientèle se fait rare,

Hélas, et le goût fait défaut ;

Il n’y a plus de vrais dévots,

Les plus belles feuilles s’égarent.

 

Il faut remiser les buvards

Au rayon des enluminures,

Plus d’amoureux de la lecture,

Il ne reste que des bavards.

 

Tous les ciseleurs de volumes

Se regardent un peu hagards

Et rêvent qu’il n’est pas trop tard

Pour vendre plutôt des enclumes.