Je ne raconte plus d’histoires
Ne pouvant plus en inventer
D’ailleurs compter passant conter
Où trouverais-je un auditoire ?
Qui voudrait encore écouter
Ce que disent les feuillages
Après minuit, en aparté,
Lorsque le vent vient de la plage ?
Ou ce que les grands tournesols,
Quand ce vent vient de l’Est, apprennent
D’une rumeur à fleur de sol
Sous les nuages qu’il entraîne ?
Les racontars d’un papillon,
Le bavardage des grenouilles,
La scie, aux beaux soirs, du grillon
Ou ce que les pigeons bafouillent ?
Ce que l’été sait sans leçons,
Ce qu’en octobre dit la pluie,
Mélancolique à sa façon,
Du temps de nos amours enfuies ?
Tout ce qu’un ciel étoilé dit
Ou tout ce que l’orage gronde
Et qu’a bien et souvent repris
Un poème aux rimes fécondes.