lundi 27 avril 2020

Trompeur, trompé.




Dimanche après-midi dans un jardin et puis ?
L’heure et le temps, le temps, oui toujours lui,
Dont on ne peut pourtant imaginer ou dire
Rien que l’on n’ait écrit, mais le silence est pire.

Et peut-être un sourire en coin
Car après tout l’on n’est pas dupe…
Au vrai ce qui me préoccupe
C’est de l’être de moins en moins.

Mais le poème continue
Et il évite de gloser
Cette vérité toute nue
Que l’on n’y fait rien que jaser.

Ainsi ces mots pour rien ou pour garder la main,
Sans grand effort, phrases d’hier, mots de demain,
Les mêmes qui, toujours, vous tiennent compagnie
Et trompent moins le temps qu’ils ne trompent la vie.

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dimanche 26 avril 2020

Histoire du Baron de Rocencroque.



(Carcassonne - Aude.)

Le vieux Baron de Rocencroque
Fut un paladin confirmé
Qu’on ne vit jamais désarmé
Auprès d’une bannière en loques.

Il combattit toute sa vie
Pour la veuve et pour l’orphelin,
Un peu contre les Sarrasins,
Jamais par haine ou par envie,

C’était un chevalier modèle
Et ces choses ne se font pas.
Il suivit dans tous les combats
Son Prince  en serviteur fidèle.

Il emporta pour lui trois villes
Dont il fit pendre incontinent
Cent hommes, bourgeois ou manants
Car moins aurait été futile.

Il fit brûler mille hérétiques
Qui n’avaient pas fait le bon choix
Car c’était un homme de foi
Qui n’aimait pas les lunatiques.

Bref le Baron de Rocencroque
Était à bon droit estimé
Et même, je le sais, aimé
Par son molosse nommé Broque.

Hélas -car la chanson est triste-
(Les tristes se vendent bien mieux)
Comme un chacun il devint vieux
Et trop pauvre il se fit trappiste.

                               ***        

vendredi 24 avril 2020

Découverte.




Tu découvres lentement
Ce que veut dire « libre » ;
Au dehors l’asphalte vibre
Dans la chaleur du moment,
Sur les toits le ciel s’incline
Vers l’au-delà tentateur ;
Où vont-ils ? Tu l’imagines
Les yeux fermés et par cœur,
Les paysages défilent,
Tu soupires, ébahi,
Tu connais bien le pays,
Ses bois, ses champs, d’autres villes…
Tu songes à tout cela,
Ta fenêtre grande ouverte ;
Tu ne peux que rester là
A remâcher cette perte.

                               ***