vendredi 16 novembre 2018

Quais du soir.




Le soleil glisse au bord de l’eau
Le long d’un quai sans matelots,
Les jours s’en vont au fil de l’an
Et les gens passent nonchalants
Au pied de ces tours qui en savent
Beaucoup plus long sur eux qu’eux-mêmes.
Les beaux soirs d’automne sont graves
Et doux de la douceur qu’on aime
Imaginer trouver ce soir
Au calme profond de la nuit
Quand l’ombre vous laisse revoir
Tout ce que l’on croyait enfui.
Le soleil couchant étincelle
Sur les pavés et les rambardes
Des quais. Dites-moi pourquoi celle
Pour qui j’écris si longtemps tarde ?

                               ***

Elle.




Soleil de la fin de l’été
Dont le plus beau nous a quitté
C’est à toi que je la confie,
Non sans un peu de nostalgie.

Fais la sourire s’il se peut,
Donne lui ces moments heureux
Où le poids des soucis s’allège,
Que ta lumière la protège !

Que ta chaleur se fasse espoir,
Certitude autant que savoir
Et qu’en ces heures silencieuses
Au moins l’attente soit joyeuse.

                               ***

L'automne en ville.




L’aviez-vous remarqué ?
L’automne gris des villes
A des grâces subtiles
Qu’il ne faut pas manquer :

Les ors mélancoliques
De ses arbres voilés,
Ces gris entremêlés
De rousseurs symboliques

Aux grilles des palais,
Aux toits et aux façades
Et ces ombres maussades
Qui cernent les volets

Le long des avenues
A l’approche du soir
Quand, sans trop s’émouvoir,
S’endorment les statues.

Et ne trouvez-vous pas
Que cet automne évoque
Ces amours équivoques
Qui s’en vont pas à pas

Dans un brouillard semblable
Et dont l’éclat terni
A nos rêves unis
Demeure inaliénable ?

          ***