mercredi 7 mars 2018

Fin d'après-midi.




Ils sont un peu de la tristesse
Sombre de l’hiver qui s’empresse
Ces arbres noirs sur le ciel gris
A la fin de l’après-midi.

Cet entrelacs de leurs branchages
Semble tracer les mots amers
D’on ne sait quel mauvais présage
Apporté par le vent d’hiver.

Et sans doute que l’on soupire
Tout en pressant un peu le pas,
Ce froid humide est bien le pire
Et voici l’heure du repas…

                               ***

mardi 6 mars 2018

Que dire ?




Et de l’amour que vous dirai-je ?
Force de l’homme et son va-tout,
Un rien de printemps sous la neige ;
Et de l’amour que vous dirai-je ?

De l’amour éternel manège
Et de sa croix et de ses clous,
Oui, de l’amour que vous dirai-je,
Force de l’homme et son va-tout ?...

                               ***

Fantaisies.



I.

Le chemin, montant, descendant,
S’en revient toujours sur lui-même,
A tout effort indifférent
Et cependant je t’aime

Quoique j’aille m’encolèrant,
Prêt à déclarer anathème
Qui n’écoute, ni ne comprend,
Malgré cela je t’aime.

Et c’est aussi pourquoi j’attends,
Que je compose et que je sème
Tous ces quatrains aux quatre vents
Car c’est ainsi que j’aime.

Je remplis les pages du temps
De mots qui n’ont pas d’autre thème,
Tu n’en dis rien et nonobstant
Ton silence, je t’aime.

Mon pauvre amour s’il est constant
Reste un nouveau-né sans baptême
Qui rêve encore au nom « d’amant »
Et cependant je t’aime.

II.

Le matin nouvelet qui s’en va par les champs
A quelque chose de touchant,
Le matin nouvelet.

Il se promène et va et vient comme un enfant
Qui découvre et qui s’émerveille,
Vous pourriez bien en rire -et qui vous le défend ? –
Qu’est-ce donc en vous qui s’éveille ?

Agile et facétieux, un angelot replet
Comme ceux qu’on peignait dans les tableaux d’antan
Pour animer en voletant
Un matin nouvelet.



III.

Faisons des vers sérieusement
Avec trois fois rien de tristesse,
C’est un excellent condiment,
Faisons des vers, on nous en presse,
Pour le monde ou pour les amants,
Mais faisons les sérieusement.

Qu’ils émeuvent, qu’aucun ne blesse,
Ni faux-fuyants, ni faux-semblants,
Un coup de griffe, une caresse,
Et qu’ils cachent en dévoilant
Pour qu’on les relise sans cesse
En s’étonnant qu’aucun ne blesse.

Épilogue.

Cela c’est bien... Très bien même, mais maintenant
Souffrez que je m’arrête et qu’à ce point ils cessent,
Sans que rien de cela vous paraisse étonnant,
Mêlant à l'ironie un zeste de tendresse.


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