lundi 11 juin 2018

Venise en noir et blanc.




Venise, encor ; dix-heures du matin,
Ombres en gloire et contre-jours hautains :
Venise en noir et blanc, réminiscences
A pans coupés aux bords d’évanescence;
Dans ce récit qu’en font de vieux clichés
Je sens que l’oubli vaut le rabâché.
Venise encore et tout ce qui nous lie
Au subreptice, au hasard de la vie,
Reflets étincelants au bord de l’eau,
Pénombre, après, des sottoportego[1],
La foule et nous, des mondes étrangers,
Vieux souvenirs qu’on ne peut partager.
Un matin clair, une ville de marbre,
Le vent de mer et tellement peu d’arbres ;
Que reste-t-il – ai-je dit aux amants –
Sur ces photos ? Venise en noir et blanc.

                               ***       


[1] Sottoportego : passage d’une voie publique sous les maisons.

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